152018Juin

La médecine thermale et affections liées au stress

La médecine thermale; un moyen de lutte efficace contre le stress


L’amélioration des patients par la médecine thermale

La médecine thermale est un moyen de lutte efficace contre le stress dans les diverses situations où le stress conduit à des troubles cliniques. Ces troubles cliniques, le plus souvent invalidants : troubles de l’humeur (anxiété, dépression), stress des cancers, insomnie, fibromyalgie, burn out professionnels.

L’anxiété du trouble d’anxiété généralisée est significativement mieux améliorée par la médecine thermale que par un antidépresseur. La cure thermale permet le sevrage de benzodiazépines prescrites comme anxiolytiques et/ou hypnogènes.

La réaction dépressive et la qualité du sommeil sont significativement améliorées après cancer du sein traité. Les douleurs, l’humeur, la fatigue, l’insomnie et certains troubles fonctionnels digestifs des patientes porteuses de fibromyalgie sont significativement améliorés par la balnéothérapie.


Le burn out

Les patients présentant un burn out professionnel sont améliorés après la médecine thermale sous forme de soins thermaux dans les différentes composantes de leur syndrome de burnout : fatigue, stress, détresse, insomnie, troubles de la motivation.

Cette amélioration se manifeste pour les formes modérées (épuisement émotionnel) comme pour les formes sévères (épuisement émotionnel avec détachement social et/ou insatisfaction de performance).

L’amélioration se maintient au 4ème mois. Une intervention de prise en charge de l’aidant Alzheimer a également été construite pour aider ces personnes à supporter le fardeau physique, psychologique et moral que constitue cette situation et qui conduit souvent au burn out.

Les diverses formes de burn out sont accessibles à ce type de prise en charge de la médecine thermale, de la même manière que le burn out professionnel.

Dans ces états l’amélioration des patients fait intervenir les systèmes humoraux (endocriniens, neuromédiateurs du contrôle de l’humeur et de la douleur, …) et neuro-végétatifs d’adaptation au stress. Ceci contribue à en expliquer l’importance comme la durabilité (à titre d’exemple l’amélioration de l’anxiété dans le cadre du trouble d’anxiété généralisée se maintenait au même niveau pendant au moins six mois).


la médecine thermale

Les avantages de la médecine thermale

La médecine thermale présente d’incontestables avantages pour la prise en charge du burn out comme des autres situations cliniques liées au stress :

  • Son efficience dans ce type de troubles
  • Sa bonne tolérance, en particulier si on compare avec des médicaments de type psychotropes
  • La rupture avec le cadre de vie habituel que représente le séjour thermal. Cette rupture est une rupture douce (à la différence de l’hospitalisation) puisque le sujet vit de manière très libre et autonome
  • Le caractère non stigmatisant de ce type de prise en charge notamment si on compare avec la prise en charge psychiatrique traditionnelle notamment institutionnelle
  • L’existence d’un environnement fait de ressources techniques et humaines efficient sur le plan de la prise en charge et sécurisant (le curiste rencontre le médecin trois fois durant les trois semaines de cure et tous les jours les professionnels de l’établissement thermal ; il échange avec eux)
  • Son coût faible pour la collectivité (de l’ordre de 400 à 600 € pour les assurances sociales pour trois semaines de traitement comprenant dix-huit journées de soins thermaux et un forfait de trois consultations médicales)

Les inconvénients de la médecine thermale

  • Les stations thermales ne sont pas réparties de manière homogène sur le territoire et accéder à une cure nécessite souvent un déplacement significatif
  • Les cures thermales sauf le cas d’AT-MP ou victimes de guerre (article L115) se font sur des congés annuels et non dans le cadre d’un arrêt de travail maladie

Pr Christian-François ROQUES-LATRILLE*

C-F. Roques-Latrille, membre correspondant de l’Académie de médecine, est Professeur émérite des Universités (Médecine pysique & de réadaptation – MPR), ancien chef du département de MPR du CHU de Toulouse, ancien Directeur de l’IFMK de Toulouse, il est président du Conseil Scientifique de L’AFRETH.

Il n’est ni salarié ni actionnaire d’un établissement thermal et n’a pas de lien de subordination avec une structure professionnelle du thermalisme.



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