32020Avr

Covid 19 et santé mentale : un train peut en cacher un autre


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Une gestion psychologique à ne pas mésestimer

Chacun comprend la nécessité du confinement imposé, depuis le 17 mars, par le gouvernement. Mais ce confinement, s’il est appliqué comme cela nous est ordonné, ce qui semble bien engagé, ne manquera pas de poser de sérieux problèmes psychologiques à nos concitoyens.

La violence de la surinformation qui est, autant qu’un paramètre d’éducation, un piège qui nous fige dans l’obsessionnalité de nos peurs.


L’homme est un être social, par définition.

En l’absence totale et prolongée d’interaction, il risque de plonger progressivement dans le déséquilibre avec, à l’extrême limite, 2 risques :

–          le découragement, le désespoir, puis la dépression

–          ou encore, la perte du sens logique, la déraison et le délire.

Entre-temps, bien heureusement, sa souffrance va pouvoir s’exprimer sous différentes formes, notamment par l’anxiété, l’insomnie ou diverses plaintes psychosomatiques (phénomènes physiques d’origine psychique : douleurs atypiques, oppression, malaises, …).

Bien heureusement, car à ce stade, il est temps d’agir, tant pour l’individu souffrant qui doit exprimer son mal-être à son médecin, et demander à être pris en charge, que pour ce dernier qui doit rester vigilant face à ce danger. Il n’est pas question de laisser s’installer durablement ce processus qui signe un début de déséquilibre.


Une formidable occasion de repenser le monde

Cette crise évoque pour nous, psychiatres, une 3è question : au-delà de la maladie infectieuse contre laquelle nous ne sommes pas encore immunisés et donc protégés ; au-delà des conséquences psychiques en cascade que sa gestion ne manquera pas d’entraîner, il faut s’interroger sur ce que cette crise révèle aussi de nos existences.

Chacun le sait, le dit, en parle : nos modes de vie, en un siècle, se sont profondément modifiés ; et plus vite encore dans les 5 dernières décennies ; et pas seulement sur le plan technologique.
Nous sommes entrés progressivement dans un mouvement perpétuel, les yeux rivés sur nos portables, dans une soif de contrôle de tout ce qui nous environne et de tout ce à quoi nous tenons. Ne nous épuisons-nous pas à courir sans cesse derrière nos aspirations jamais suffisamment accomplies ?

Cette crise « géante », est une occasion incroyable de prendre du recul, de faire un reset en nous-mêmes.



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