222019Mar

La journée nationale du Sommeil

Le sommeil et l’insomnie

La durée du sommeil

Signe d’une société hyperactive et peu équilibrante, le sommeil de tout un chacun se réduit. En cinquante ans, il a diminué de une heure trente ! La durée normale étant maintenant d’un peu moins de sept heures par nuit en semaine et de sept heures cinquante le week-end. Toutefois, un tiers des Français ne dort que cinq à six heures par nuit. Mais, il est difficile de fixer exactement la durée de sommeil idéale ou même normale. Pour certains, quatre heures peuvent suffire, d’autres ne sont pas reposés au bout de huit heures. Il y a donc une part très subjective dans l’appréciation d’une « bonne » durée de sommeil.

Sommeil et Insomnie

Sommeil et Insomnie

Insomnies de courte durée

Pourtant, la majorité d’entre nous ressent comme angoissant le fait d’avoir passé une nuit blanche. Rassurons-nous, ne pas dormir une nuit n’est jamais grave et n’entraîne aucune conséquence majeure, hormis une fatigue évidente le lendemain, une chute temporaire des performances intellectuelles et une humeur parfois irritable. Tout le monde ou presque a connu ce désagrément. On estime qu’il touche plus ou moins régulièrement de 20 à 40 % des adultes. Si ces insomnies sont « récupérables » par une bonne nuit de sommeil réparatrice, il en va tout autrement pour ceux qui en souffrent de manière chronique.

Insomnies chroniques

Les insomnies au long cours altèrent de manière évidente l’état de santé. Elles font le lit du trouble anxieux généralisé que nous venons d’évoquer, associé à de la fatigue, de l’irritabilité, des troubles de la concentration et de la vigilance. Il est par ailleurs démontré qu’il existe un lien entre le manque de sommeil et les accidents cardiovasculaires. Le manque de sommeil est aussi responsable de troubles de la vigilance au volant et d’accidents du travail. Mais pourquoi certains souffrent-ils d’insomnies alors que d’autres dorment du sommeil du juste? Il n’existe pas à proprement parler de « profil » du mauvais dormeur, mais il semble bien qu’un gène puisse être en cause. Cela dit, on considère que 75 % des causes d’insomnie sont d’origine psychique.

Les causes principales de l’insomnie chronique

Les deux causes les plus fréquentes étant les états dépressifs et les troubles anxieux. Le trouble dépressif se caractérise par une discontinuité dans le sommeil avec réveils et endormissements alternant dans la nuit, et réveil précoce aux aurores. Alors que le trouble anxieux se manifeste plus volontiers par des difficultés d’endormissement, avec aussi un sommeil haché et un réveil plus tardif– pénible, mais moins menaçant que celui du dépressif.

Médicaments hypnotiques

Ces patients insomniaques chroniques risquent un jour ou l’autre de se voir prescrire des médicaments hypnotiques dont on connaît les inconvénients majeurs. Pourtant, ces médicaments sont déconseillés même chez les personnes âgées, dont le sommeil est naturellement fragmenté, car ils entraînent des risques de chute dans la journée, de perte de vigilance, etc. Un tiers des femmes de 70 ans et plus en consomment d’ailleurs régulièrement !

Retrouver un sommeil réparateur

Je soutiens que, dans bien des cas, il est possible de retrouver un sommeil réparateur sans l’aide de la chimie, et qu’il est nécessaire de tout essayer pour s’en passer. Dans certains cas, de simples mesures élémentaires d’hygiène suffisent, comme éviter les excitants – café, thé, vitamine C –, les repas tardifs, l’alcool, l’activité physique intense après 17 heures ainsi que toutes les activités stimulantes avant l’endormissement. La télévision, la lecture sur écran et les appels téléphoniques désorganisent le sommeil.

Il existe également quelques règles essentielles : essayer de se coucher à heures régulières ; en cas d’insomnie, plutôt que de chercher à rattraper le matin le sommeil perdu dans la nuit, continuer à se lever à l’heure habituelle. Éviter les siestes de plus de une heure l’après-midi pour récupérer. Pour ne pas influer sur le sommeil de la nuit, une sieste ne doit pas dépasser trente minutes.

Thérapies

Pour soutenir ces mesures, on peut avoir recours aux thérapies comportementales et cognitives qui proposent, entre autres, des techniques simples de relaxation que l’on peut apprendre au sein d’ateliers thérapeutiques.

La cure thermale

Face au problème de consommation chronique de médicaments, la cure thermale a de nombreux atouts. L’éloignement des facteurs de stress, le changement de rythme de vie, les ateliers psycho-éducatifs de gestion du stress, le protocole hydrothérapique à effet sédatif, et bien sûr le suivi médical qui guide et accompagne le sevrage sont autant de facteurs de succès. Au cours de la cure, presque la moitié des patients arrive à arrêter la prise de ses médicaments hypnotiques.

Sur l’ensemble des curistes suivis, on remarque que la consommation de médicaments chute en moyenne de 68 % entre le début de la cure et une période de 6 mois après le départ de la station thermale. Et malgré la réduction ou l’arrêt des médicaments, les patients ont le sentiment que leur sommeil s’est amélioré selon tous les critères : endormissement, durée du sommeil, sommeil moins haché, sensation d’énergie au réveil…


La cure thermale pour retrouver le sommeil

La cure thermale et Insomnie



Thermalisme, voie de guérison naturelle

Écrit par Dr. Olivier DUBOIS, 2018

Audition: Flammarion



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