Le thermalisme utilise la crénothérapie (ou balnéothérapie) qui est définie comme l’utilisation des eaux minérales dans un but thérapeutique ; c’est le traitement fondamental du thermalisme.
Une cure thermale dure toujours 3 semaines et est remboursée partiellement par l’assurance maladie ou totalement si le patient est en ALD 30.

A l’occasion de la cure, le patient est suivi par un médecin thermal au cours de 3 visites en général.

10 000 personnes présentant un trouble anxieux réalisent chaque année une cure thermale dans un des 5 centres thermaux ayant l’orientation « affections psychosomatiques » :

  • Bagnères de Bigorre,
  • Divonne les Bains,
  • Néris les Bains,
  • Saujon,
  • Ussat les Bains.

La prise en charge crénothérapique quotidienne dure entre 1h30 et 2h00. Elle est structurée autour de 4 soins:

  • Douches thermales,
  • Bains bouillonnants,
  • Massages sous l’eau
  • Bains en piscine.

Elle est assurée au minimum par un personnel d’accueil, des hydrothérapeutes formés, des masseurs kinésithérapeutes diplômés.

Indications de la cure thermale

Les indications les plus reconnues pour la cure thermale psychosomatique concernent l’anxiété, la fatigue chronique, la fibromyalgie, les douleurs chroniques et les troubles du sommeil. Une autre indication récente consiste à proposer un sevrage thérapeutique des médicaments anxiolytiques et hypnotiques au cours d’une cure thermale à orientation psychosomatique de 3 semaines.

D’autres indications sont la prévention de la dépression et du burn out.

Protocole et résultats de l’Étude STOP-TAG 1

Protocole

Fort de cette conviction que le thermalisme agit sur les troubles anxieux, il était utile de réaliser une étude « princeps » dans cette indication.

Cette étude a eu pour but de suivre des patients présentant un trouble anxieux généralisé, tirés au sort dans deux groupes différents, l’un recevant un traitement médicamenteux spécifiquement efficace dans cette affection, la Paroxétine, et l’autre bénéficiant de la cure thermale qui devait être débutée dans les 48 heures après l’entrée dans le protocole.

Il s’est agi d’une étude encadrée par 2 unités INSERM, réalisée sur 4 des 5 sites nationaux du thermalisme psychiatrique (Bagnères de Bigorre, Néris les Bains, Saujon, Ussat les Bains). Le promoteur de cette étude a été l’AFRETh (Association Française pour la recherche thermale). Le coordonnateur a été le Dr Olivier DUBOIS (Saujon). Elle a permis de comparer deux groupes de patients, l’un de 117 patients, tirés au sort par un centre INSERM d’épidémiologie, qui bénéficiaient de la cure thermale pendant 3 semaines et l’autre de 120 patients traités par Paroxétine pendant 2 mois.

Ces deux groupes étaient comparés sur des critères d’évaluation clinique standardisés à la fin de la période des 2 mois.
Le profil moyen des deux groupes était une femme (75 %) de 51 ans, mariée ou vivant maritalement (70 %).

Résultats

Au bout des 2 mois, les patients ayant bénéficié de la cure thermale de 3 semaines ont été amélioré de 44 % par rapport au groupe qui recevait la Paroxétine.

La différence d’efficacité de la cure thermale comparée à celle de la Paroxétine était significative (c’est-à-dire d’efficacité statistiquement, formellement supérieure au médicament de référence).

On note que les résultats se renforcent dans le temps, après la cure, ce qui démontre que la cure agit en profondeur.

Lorsque l’on suit, sur 6 mois, les patients qui ont été améliorés par la cure thermale, on s’aperçoit que le gain d’amélioration reste longtemps très élevé.

On note également que les effets secondaires rencontrés dans le cadre de cette étude sont passagers et réversibles. Sur les 117 patients suivis, il a été constaté :

  • 12 cas de fatigue après les soins ;
  • 10 cas de douleurs qui apparaissent généralement en milieu de cure ;
  • 6 cas d’insomnie surtout en début de cure et s’atténuant ensuite ;
  • 3 cas de réaction dermatologique.

Le médicament a été associé à plus de deux fois plus d’effets indésirables que la cure et les effets indésirables de la cure se sont révélés très souvent de faible intensité et rapidement réversibles.

L’étude montre que la cure agit à la fois sur la composante psychique (angoisse, phobie, tristesse, …)  et la composante physique (douleurs, fatigue, …) de l’anxiété, ce qui la distingue également des médicaments qui agissent essentiellement sur la composante psychique.

Dans l’étude STOP-TAG, on s’aperçoit que 56 % du groupe « cure thermale » sont améliorés de plus de 50 % au bout de deux mois contre 28 % seulement dans le groupe Paroxétine soit deux fois plus de patients améliorés dans le groupe cure.

Le thermalisme présente d’autres avantages qui tiennent essentiellement à l’absence de risque de dépendance thérapeutique, à sa faible innocuité et au caractère naturel de son utilisation.

L’étude STOP-TAG validée au plan méthodologique par l’ANAES (ancienne Haute Autorité de Santé) et encadrée par deux unités INSERM (Paris et Bordeaux) a démontré une action thérapeutique significativement supérieure du thermalisme dans le trouble anxieux généralisé.

D’une manière générale, la cure thermale psychosomatique est donc essentiellement indiquée dans les troubles anxieux, c’est-à-dire pour les personnes présentant l’association d’une anxiété, d’une fatigue chronique, de troubles du sommeil, de troubles de concentration, de douleurs généralisées … et ce depuis au moins 6 mois avec un réel degré d’invalidité (le diagnostic reste du domaine médical).

Sources et références : Dubois O, et al.; Balneotherapy versus paroxetine in the treatment of generalized anxiety disorder, Complementary Therapies in Medicine (fév 2010) 18, 1-7

Publié le 31 décembre 2014

Modifié le 25 octobre 2016